"Calvin" était opérateur SAS au 1°RPIMa jusqu'en mars 2013. Expert dans le domaine des opérations spéciales, il a parcouru le globe pendant plus de 20 ans au service de la France.

Photographies de l'auteur.

EXTRAIT DE L'AVANT PROPOS DU LIVRE (partie 1)

      On m’appelle Calvin et je suis un ex-operateur SAS du 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine. Pendant de nombreuses années, j’ai eu la chance de servir ce régiment hors du commun aux côtés d’hommes exceptionnels. Aujourd’hui je suis civil mais au plus profond de mon âme je suis toujours un SAS. Parce que cela ne s’oublie pas en un claquement de doigts et parce que je suis toujours fier d’avoir pu servir la France au sein d’une unité des forces spéciales. Ma carrière n’est pas exemplaire et je ne suis pas un héro. Sans mes frères operateurs rien n’aurait été possible et je n’aurais jamais pu affronter tous les tourments que nous avons rencontrés. Mais je ne m’en plains pas car  après tout nous avons souvent prié pour avoir la souffrance et la tourmente.

      Je n’avais jamais imaginé qu’un jour j’allais écrire un livre. Lorsque j’ai été désigné pour ce départ en Afghanistan (ce n’était pas le premier, ni le dernier) j’ai pris la décision de tenir un journal de bord qui ferait office de souvenir pour mes camarades et moi-même. Lors de la lecture de ces notes, plusieurs d’entre-deux m’ont soumis l’idée du livre. Après avoir beaucoup hésité, je me suis lancé afin que ce livre constitue un hommage à tous les operateurs des compagnies SAS du régiment.  Parce que ces gars là travaillent dans l’ombre et sacrifient tout dans leur vie pour sauvegarder l’honneur et la liberté de notre pays.

      Cet ouvrage est également une occasion de démystifier les forces spéciales car beaucoup de gens pensent encore que nous sommes des « extra-terrestres ». Je pense que nombre de militaires servants en unité combattante se reconnaitront dans ce livre à travers nos comportements et nos raisonnements. J’espère également que ce livre suscitera des vocations et que les meilleurs hommes de notre armée ainsi que les jeunes civils les plus motivés oseront faire le grand saut afin de rejoindre les SAS. Après tout, « qui ose gagne » !

Calvin

EXTRAIT DE L'AVANT PROPOS DU LIVRE (partie 2)

...A présent civil, il me faut effectuer une transition qui n’est pas toujours simple. Il me faut mettre de côté les sauts en parachute, les descentes en cordes lisses à partir d’hélicoptères, les patrouilles profondes, la protection rapprochée, les techniques de tir de combat et les assauts pour neutraliser des terroristes. Il est temps pour moi d’apprendre des choses différentes comme tondre le gazon, monter un mur de parpaing et fabriquer une niche pour mes chiens. Je ne suis pas inquiet pour cela parce qu’au sein des forces spéciales on m’a appris à assimiler très rapidement de nouveaux savoir-faire.

Désormais, il me faut aborder la vie sous un autre angle en composant avec les reflexes et les attitudes acquises au régiment. Mon expérience me sert à régler
pas mal de problèmes et je prends les choses du bon côté. En contrepartie, lorsque je dois faire face à un individu irrespectueux ou agressif, je me retiens pour ne pas utiliser la solution de facilité : la violence. Mais lorsqu’il n’y a pas d’autre issue, ou lorsque c’est absolument nécessaire, cela ne me pose aucun problème d’utiliser la force pour neutraliser une menace envers une tierce personne ou moi-même.

...Je mets tout en œuvre pour rendre heureuse celle qui vit à mes côtés et que j’aime plus que tout au monde. Depuis notre rencontre il y a quelques années, Marina a toujours été là pour m’épauler, sans jamais vaciller, jour et nuit, comme un frère operateur SAS. Elle est mon binôme dans ma nouvelle vie de civil. Nos compagnes ou épouses consentent à des sacrifices énormes pour rester à nos côtés. Parfois cela est trop dur et tout explose. Je sais de quoi je parle après 2 divorces. Trop souvent, leurs efforts sont ignorés malgré leur importance dans nos vies. Elles assurent le bon fonctionnement de « la base arrière » en étant souvent plus inquiètes pour nos vies que nous-mêmes. C’est fou le courage qu’il faut pour endurer cela, nos compagnes sont des héroïnes...